PRIX JEUNE PEINTURE BELGE 2003

PRIX JEUNE PEINTURE BELGE 2003

La liste
Sur plus de 200 dossiers, le jury a retenu neuf candidats, à savoir : Orla Barry (Wexford, 1969), Anouk De Clercq (Gand, 1971), Jan De Cock (Bruxelles, 1976), Geert Goiris (Bornem, 1971), Xavier Martin (Séoul, 1974), Benoît Platéus (Chênée, 1972), Christophe Terlinden (Etterbeek, 1969), Katleen Vermeir (Bornem, 1973) et Leen Voet (Herentals, 1971).

Leen Voet – Prix Langui

texte Lars Kwakkenbos

Une citerne d’eau de pluie côtoyant des vagues, l’obscurité et la lumière, le noir et le blanc, une dia après une autre dia à l’envers. Et soudain, dans les vagues, je perçois la silhouette d’un navire. Mais le navire se faufile bien vite dans la rythmique des dias.
Leen Voet réalise des séries de dias. Des images de vagues et de citernes d’eau, des images de peintures, des images de fragments de ville, des images de paysages. Les gros plans deviennent des paysages de lumière et le regard porté sur une villes’éloigne un peu trop pour pouvoir s’y promener – les images de Leen Voet excluent tout personnage. Elle peint aussi, et elle transforme en dias ce qu’elle peint.

Parfois il s’agit d’une projection dans laquelle les images se poursuivent et se superposent. Parfois il s’agit de deux projections, l’une à côté de l’autre. Parfois elle se met en route pour réaliser des dias, parfois elle les réalise là où elle se trouve, par hasard. L’enregistrement de ce qu’elle voit, elle le manipule, notamment en le fixant sur la pellicule. Et aussitôt les dias développées, l’analyse commence.

Leen Voet analyse ses dias. Les variables de ce média sont décortiquées à l’extrême. Lieu, temps, grandeur et distance et environnement : leur évidence y passe, une à une. La rythmique des images, l’éclairage, les contrastes entre les dias elles-mêmes: tout est calculé et recalculé. Leen Voet contrôle et manipule jusqu’à ce que plus rien ou quasi-rien ne lui échappe. Mais à chaque clic, il subsiste quelque chose. Romantique tout ça ? Tout à fait.

Lumière, images, temps : Leen Voet façonne les espaces dans lesquels elle projette ses séries. Et elle maintient les images pendant un certain temps, le temps qu’il faut pour que la dia suivante apparaisse ou vienne se superposer. Tout indique une analyse scrupuleuse de ce qu’est une image, de ce qu’elle peut devenir si on la place précautionneusement entre un tas d’autres images. Leen Voet radiographie impitoyablement chacune de ses dias – au propre comme au figuré et à nouveau au propre. Ce ne sont pas que les dias qui sont radiographiées, le temps l’est aussi. Chaque clic est, soit interrompu, soit prolongé. Leen Voet pousse le média dans ses derniers retranchements. Un clic qui se voit contré par le clic voisin ou le clic suivant.

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